Réexaminer
la politique du RTE-T, avec comme préoccupation centrale
la conception du futur réseau multimodal et sa réalisation
en temps voulu, exige de conjuguer adroitement, aux différents
niveaux concernés, la planification, les capacités
de mise en œuvre et le savoir-faire. Sans que soient remis
en question les droits souverains des États membres sur les
projets concernant leur territoire, la complexité croissante,
la nature innovante et l’étendue géographique
des tâches à accomplir exigent que la Communauté
joue un rôle fort. Sur la base de l’évaluation
ci-dessus de la politique menée, un certain nombre d’enjeux
pour l’avenir sont exposés ci-dessous.
3.1
Planification du réseau •
L’avenir du réseau global
.
Le
réseau global actuel a été essentiel pour assurer
la fonction d’accès visée dans le traité,
et il a fait la preuve de son utilité en tant que base de
l’aide au titre du Fonds de cohésion. En outre, il
constitue un fondement important pour la mise en œuvre de la
législation communautaire dans le secteur des transports,
par exemple en ce qui concerne l’interopérabilité
ferroviaire et la sécurité des tunnels routiers. Par
contre, il comporte des lacunes, à savoir le décalage
entre les ambitions en matière de planification d'ensemble
et les moyens disponibles pour encourager et surveiller la mise
en œuvre, mais aussi son caractère insuffisamment ciblé
du point de vue européen. Pour maintenir le niveau «réseau
global» du RTE-T, il conviendrait de réviser les méthodes
de mise à jour et de suivi de ce réseau et de réévaluer
les instruments nécessaires à sa mise en œuvre
complète et en temps voulu; suite à cela, les États
membres devraient certainement assumer des responsabilités
plus contraignantes. Par contre, abandonner ce niveau nécessiterait,
notamment, d'accorder une attention particulière à
la fonction d'accès aux réseaux.
Quels sont les autres arguments en faveur ou en défaveur
du maintien du réseau global, et comment pourrait-on remédier
aux inconvénients de chaque solution?•
Incorporation d’un «réseau prioritaire»?
L'approche
actuelle par projets prioritaires prend en considération
les grands flux de trafic entre un point initial et un point final,
sans tenir compte de la continuité entre les projets, et
ne peut donc pas créer d'avantages supplémentaires
«induits par le réseau».
Dans
le but de remédier à cette faiblesse tout en améliorant
l’organisation économiquedes projets RTE-T d’intérêt
communautaire élevé, l’approche actuelle par
projets prioritaires pourrait se transformer en une approche par
réseaux prioritaires. Cette stratégie par réseaux
permettrait aussi d’englober plus systématiquement
les nœuds de transport (qui sont souvent la principale source
de la congestion et d’autres manques d’efficacité),
les ports et aéroports qui sont les points d'entrée
du réseau, ainsi que les principaux points de connexion intermodale
qui permettent la forte intégration des réseaux.
Grâce
à la combinaison, au sein d’un même réseau,
des infrastructures de liaison et des nœuds existants avec
les infrastructures prévues, les réalisations de la
politique du RTE-T pourraient également créer une
valeur ajoutée. Pour mettre en place ce concept de réseau,
il conviendrait en premier lieu de se fonder sur des objectifs clairs
faisant l'objet d'un consensus et sur une méthode de planification
transparente et objective. Dans ce cadre, il y a lieu de prendre
en considération, en particulier, les flux de trafic majeurs
dans la Communauté et dans d’autres régions
du monde, les objectifs de cohésion à réaliser
au moyen de liaisons entre régions ayant des niveaux de développement
différents et des spécificités territoriales,
la liaison avec les pôles de développement économique,
la «valeur des efforts déjà consentis»
pour ledéveloppement du RTE-T, les objectifs environnementaux,
les autres objectifs stratégiques de la Communauté
(par exemple la concurrence), les efforts progressifs en vue de
l'utilisation plus efficace des infrastructures, la diversité
des situations des États membres et le partage des responsabilités
en matière de planification entre les niveaux communautaire
et national.
Un
réseau prioritaire, géographiquement délimité,
devrait assurer une continuité entre les projets prioritaires
actuels et les mettre à profit lorsque cela se justifie.
Une stratégie de mise en place d'un réseau prioritaire
devrait avant tout être guidée par les objectifs liés
au changement climatique. Le type de réseau envisagé
devrait donc être véritablement multimodal et permettre
aux flux majeurs de trafic de fret et de voyageurs de traverser
l'Union européenne avec la plus grande efficacité
économique et environnementale possible, en utilisant différents
modes de transport.
Cela
demande l’interconnexion optimale des modes, par exemple grâce
à des liaisons entre les ports maritimes et fluviaux et leur
arrière-pays ou grâce à des liaisons ferroviaires
vers les aéroports, ainsi que l’application des systèmes
de transport intelligents aux grands projets.
Tout
en s’efforçant de contribuer de manière notable
aux objectifs communautaires contre le changement climatique (les
«trois vingt»), il convient, dans le cadre de la politique
du RTE-T, de prévoir son adaptation aux conséquences
possibles du changement climatique(telles que la hausse du niveau
des mers)
La vulnérabilité du RTE-T au changement climatique
et les mesuresd’adaptation envisageables doivent donc faire
l’objet d’une évaluation; il faudra se demander
comment rendre les nouvelles infrastructures «résistantes
au changement climatique».
Par
ailleurs, afin d’évaluer l’ensemble des incidences
environnementales du RTE-T, il conviendra de satisfaire aux exigences
imposées par le protocole de la CEE-ONU à la convention
d'Espoo relatif à l'évaluation stratégique
environnementale.
Le réseau prioritaire devrait se distinguer par son interopérabilité
totale (à savoir: mise en œuvre du système européen
de gestion du trafic ferroviaire et de toutes les autres spécifications
techniques dans le secteur ferroviaire, mise en œuvre de la
politique «Ciel unique» et du plan directeur ATM, interopérabilité
dans les autres secteurs concernés par les STI) et viser
à remplir des normes de capacité convenues pour tous
les élémentsd’infrastructure concernés
(actuellement, les orientations relatives au RTE-T ne contiennent
de normes que pour le secteur des voies navigables intérieures).
Devront aussi être prises en compte d'autres actions communautaires
ayant un lien avec la conception des infrastructures, par exemple
l'éventuelle introduction de véhicules routiers plus
grands et plus lourds ou les autoroutes intelligentes.
Un réseau prioritaire rapprocherait les réalisations
passées de la politique du RTE-T des défis présents
et futurs. Dans ce contexte, l'UE pourrait rationaliser la désignation
desprojets d'intérêt commun et déterminer plus
objectivement le soutien qu'elle leur apporte au moyen des instruments
communautaires, à condition que les projets soient évalués
de façon harmonisée.
Cette
approche combinerait, en fin de compte, des mesures diverses en
faveur des infrastructures, allant de grands projets à long
terme à des projets de moindre ampleur pouvant être
mis en œuvre à plus court terme, renforçant ainsi
l'efficacité et la visibilité de l'action communautaire.
Une
approche par réseaux prioritaires de ce type serait-elle
préférable à la méthode actuelle des
projets prioritaires? Si non, pourquoi, et quels sont les points
forts de cette dernière? Si oui, quels (autres) avantages
représente-t-elle, et comment faudrait-il la mettre en place?•
Un «pilier théorique»
L’assise
théorique du RTE-T pourrait être considérablement
élargie afin de répondre aux besoins en infrastructures
qui résultent de mesures en faveur des entreprises dans les
différents secteurs des services de transport.
Les objectifs et critères sectoriels, visés dans les
orientations relatives au RTE-T, pourraient orienter les opérateurs
dans l'élaboration de projets d'intérêt commun.
Cette approche ayant pour but principal, au départ, de mieux
utiliser les capacités des infrastructures existantes, pourrait,
à plus long terme, s’adapter à l’évolution
des besoins en infrastructures, en fonction de la croissance de
la demande.
Elle pourrait aussi autoriser une plus grande souplesse du concept
de projet d’intérêt commun, permettant ainsi
de réagir à des évolutions des marchés
qui sont actuellement difficiles à prévoir. Ainsi,
un lien direct serait établi, en particulier, entre les objectifs
de la politique des transports de la Communauté (notamment
la promotion du transport de marchandises durable au moyen de diverses
actions législatives et politiques, ou du transport aérien
efficace et durable au moyen de la politique «Ciel unique»
et du projet SESAR) et sa politique des infrastructures; de cette
manière, le RTE-T serait orienté vers son objectif
principal qui est de servir de base à des services de transport
qui répondent aux objectifs communautaires établis.
Une telle méthode flexible de désignation des
projets d'intérêt commun serait-elle appropriée
pour une politique qui, habituellement, repose en grande partie
sur les décisions d'investissement individuelles des États
membres en matière d’infrastructures?
Quels
autres avantages et inconvénients présente-t-elle,
et comment pourrait-elle se traduire au mieux dans la planification
au niveau communautaire? •
Enjeux
cruciaux pour le développement ultérieur du RTE-T
Quelle que soit la «forme» future du RTE-T, un certain
nombre de questions doivent trouver une réponse adéquate
dans la planification de ce réseau.
D’après
la Commission, il s’agit des points suivants:
Divergence entre les besoins du transport de voyageurs et ceux du
transport de marchandises
Le
transport de voyageurs et le fret présentent des caractéristiques
différentes. Le transport de marchandises devrait connaître
une croissance plus rapide que le transport de voyageurs, les distances
de transport moyennes sont plus longues pour le fret que pour les
voyageurs et, de plus, les points de correspondance entre les modes
de transport et entre le trafic à grande distance et le trafic
local doivent être équipés différemment.
Les problèmes de congestion sur certains tronçons
d’infrastructure peuvent exiger la séparation des lignes
ferroviaires de transport de voyageurs des lignes de transport de
marchandises. Dans les ports et les aéroports, les infrastructures
nécessaires pour les voyageurs sont différentes de
celles qu'exige le fret, que ce soit au sein des nœuds proprement
dits ou de leurs voies d'accès. L’accès du fret
transporté par camions aux villes impose de plus en plus
de considérer les questions environnementales et urbanistiques.
Chaque cas doit être évalué du point de vue
économique et environnemental, mais on peut se demander si,
et dans quelle mesure, une planification distincte pour le transport
de marchandises et celui de passagers devrait être prise en
compte dans le cadre général de la politique du RTE-T.
Quelle que soit la réponse, les nœuds de transport en
tant que points de correspondance entre le trafic à grande
distance et le trafic urbain devront être présents
dans la future politique du RTE-T.
Les
aéroports et les ports, points de connexion entre l’Europe
et le monde
Les aéroports jouent un rôle crucial dans le transport
de passagers (étant donné surtout le rôle croissant
de l'Europe au niveau mondial) et gagnent aussi en importance dans
le transport de marchandises, dans le cadre de l’intermodalité
et de la chaîne logistique. On s’attend à ce
qu’ils soient confrontés à d’importantes
contraintes de capacité au cours des prochaines années.
Le transport aérien est particulièrement sensible
au prix du carburant et à l’évolution de la
situation en matière de sécurité et de la situation
économique, c'est pourquoi le type et la taille des «projets
d'intérêt commun» concernant les aéroports
peuvent évoluer.
Les
ports maritimes, points d’origine et de destination de la
plus grande partie des échanges internationaux de la Communauté
et maillon crucial des chaînes logistiques du fret, connaissent
depuis 30 ans une croissance continue du trafic. Cependant, l’expansion
d’infrastructures portuaires, y compris la création
d’infrastructures d’accès maritime adéquates,
nécessite de longues phases préparatoires et de grandes
dépenses, ce qui pose problème à de nombreux
ports. L’insuffisance des liaisons avec l’intérieur
des terres, ferroviaires en particulier, est également considérée
comme l'un des principaux obstacles à la bonne intégration
des ports dans les chaînes logistiques. Les problèmes
de capacité des infrastructures de certains ports et de leurs
voies d’accès terrestres peuvent avoir des conséquences
sur les flux de transport terrestre à travers l’Europe,
étant donné que, par exemple, les flux entrants risquent
de se concentrer dans un petit nombre de grands ports. La distribution
des marchandises via des itinéraires terrestres peut alors
aggraver les problèmes de congestion et avoir un effet négatif
sur le total des émissions dues au transport.
Le
transport par voies navigables dans l’UE
En revanche, le réseau des voies navigables intérieures
dispose de grandes capacités inutilisées, qui sont
d'ores et déjà exploitables ou peuvent le devenir
moyennant des investissements relativement restreints. Ce réseau
relie les principaux ports maritimes et les principaux centres industriels
de l'arrière-pays, le long de corridors de transport souvent
très encombrés. Toutefois, l’utilisation efficace
et à pleine capacité des voies navigables intérieures
est toujours entravée par un certain nombre de goulets d'étranglement
et de lacunes.
Quant
à la poursuite du développement des autoroutes de
la mer, celles-ci doivent être définies du point de
vue des objectifs, de l'ampleur des projets et des critères
d'octroi d'un soutien public, afin de stimuler les initiatives publiques
et privées. Il convient de mettre davantage l’accent
sur la «dimension verte» des autoroutes de la mer, peut-être
dans le cadre du concept de corridor de transport vert. Leur viabilité
économique devrait aussi être mise en évidence;
leur financement, qui utilise divers instruments nationaux et communautaires,
devrait être rationalisé.
Logistique
du transport de marchandises.
La
logistique du transport de marchandises est devenue vitale pour
que la Communauté réponde de manière durable
aux besoins en transports de l'économie. Partant du principe
que chaque mode de transport est utilisé en fonction de ses
avantages comparatifs au sein de chaînes de transport intermodales
efficaces, elle joue un rôle important dans la réalisation
des objectifs communautaires de lutte contre le changement climatique.
Elle soutient la croissance économique en rendant le transport
de marchandises plus efficace, aussi bien du point de vue économique
que du point de vue environnemental.
Pour permettre à la logistique du transport de marchandises
de développer tout son potentiel de croissance, la politique
du RTE-T doit garantir l’existence de bonnes infrastructures
de base, spécialement en ce qui concerne les terminaux intermodaux,
la capacité des terminaux ferroviaires, maritimes et fluviaux
(y compris l’accès aux ports maritimes parvoie terrestre),
les aires de stationnement pour les véhicules commerciaux
et les systèmesde transport intelligents, qui sont à
la fois des éléments d’infrastructure et des
outils pour repérer et suivre les marchandises). La mise
en place de «corridors verts» devrait renforcer les
dimensions environnementale et innovante du concept de logistique
des transports.
Cependant,
l'intermodalité est également une question importante
pour le transport de voyageurs, car il conviendrait d’assurer
un flux continu entre les différents modes de transport public
(par exemple rail – air), entre la route et les transports
publics, ou encore entre le trafic à grande distance et le
trafic urbain.
Comment prendre en considération de façon optimale
les aspects exposés ci-dessus dans la conception générale
du développement futur du RTE-T?
Quels
autres aspects doivent être pris en compte?
Systèmes
de transport intelligents
Les systèmes de transport intelligents sont applicables à
tous les modes de transport; ils contribuent à optimaliser
l’utilisation de chaque mode et à fluidifier les correspondances.
Il est évident que les STI peuvent améliorer l’efficacité
des opérations ainsi que la sécurité, la sûreté
et le confort de l’utilisateur; ces effets seront accrus par
la mise en service complète d’EGNOS en 2009, puis de
Galileo en 2013. Ces systèmes constituent le trait d’union
entre les infrastructures traditionnelles et les véhicules
de plus en plus intelligents qui les utilisent.
Plus
important, les STI sont également cruciaux pour atteindre
des objectifs stratégiques majeurs de la Communauté
dans le domaine des transports et au-delà, en matière
de sécurité (utilisateurs mieux informés et
mieux aidés), de sûreté (suivi, identification),
d’efficacité des opérations, de lutte contre
la congestion (gestion efficace de la demande et équilibrage
du réseau intermodal au moyen de la tarification, mise en
œuvre des dispositions légales) et de lutte contre le
changement climatique (efficacité énergétique,
conduite écologique, corridors verts, système de transport
intermodal européen plus performant et efficace grâce
au «fret en ligne» et aux «transports maritimes
en ligne»). Par exemple, dans le secteur aérien, la
mise en place de systèmes de réseau au niveau européen
est essentielle à la réalisation des objectifs d’efficacité,
de sécurité et de durabilité écologique
du trafic. Étant donné le coût relativement
faible de ces systèmes par rapport à la construction
d’infrastructures traditionnelles, et la possibilité
de combiner et d’optimaliser des investissements du secteur
public et privé, les avantages sociaux et le retour sur investissement
qu’ils offrent sont considérables, à condition
que leur déploiement soit coordonné, transsectoriel
et commun à toute l’Europe.
Comment
les systèmes de transport intelligents (STI), dans le cadre
du RTE-T, peuvent-ils améliorer le fonctionnement des transports?
Comment traduire les investissements dans Galileo et EGNOS en gains
d’efficacité et en un équilibrage optimal de
la demande de transports?
Comment
les STI peuvent-ils contribuer au développement d’un
RTE-T multimodal?
Comment
développer les possibilités existant dans le cadre
du financement du RTE-T afin de soutenir de façon optimale
la mise en œuvre du plan de déploiement européen
de l’ERTMS au cours de la période couverte par les
prochaines perspectives financières?•
Innovation
Les
infrastructures de transport, y compris les STI, et le secteur des
véhicules présentent un grand potentiel d’innovation;
les frontières habituelles entre infrastructure et véhicule
pourraient d’ailleurs se modifier. Pour ce qui est du développement
du RTE-T au cours des prochaines décennies, il s'agit de
savoir comment l’infrastructure devra s’adapter aux
nouvelles générations de STI et de véhicules
(par exemple: quelles seront les implications des véhicules
intelligents pour l’infrastructure?) et, d’autre part,
quelles pourraient être les conséquences pour le matériel
roulant de l’innovation en matière d’infrastructures.
L’utilisation de nouvelles formes d’énergie dans
les transports pourrait exiger l'adaptation des infrastructures
(des stations-service par exemple). Les dernières recherches
sur les véhicules électriques et hybrides sont encourageantes,
vu la possibilitéde déplacer le problème des
émissions de CO2 des véhicules vers les centrales
électriques, où il peut être traité plus
efficacement. À long terme, les technologies basées
sur l’hydrogène pourraient être très utiles
pour l’aviation et la navigation. L’objectif consistant
à assurer l’utilisation la plus efficace possible des
infrastructures pourrait susciter, outre des innovations technologiques,
des innovations organisationnelles.
Le glissement des limites entre infrastructure
et véhicule ou entre la fourniture d’infrastructures
et la manière dont elles sont utilisées rend-il nécessaire
d’élargir le concept de projet (d’infrastructure)
d’intérêtcommun? Dans l'affirmative, comment
définir ce concept?
•
Un «réseau central» RTE-T?
Pour faire du RTE-T une base utile à la réalisation
de tous les objectifs de la politique des transports concernés,
donc mettre en évidence sa valeur ajoutée en tant
que partie intégrante de cette politique, les différents
«piliers» évoqués ci-dessus pourraient
être combinés pour former un réseau central
RTE-T. Ce réseau pourrait englober un réseau prioritaire
et un pilier théorique, de façon à tenir compte
du besoin de flexibilité et d'orientation vers le marché.
Il pourrait aussi évoluer au cours du temps, assurer l’intégration
optimale de toutes les infrastructures (traditionnelles et intelligentes)
et l'interconnexion entre modes, et servir de vecteur d'innovation,
au niveau tant technologique qu'organisationnel. Ce réseau
pourrait aussi être utilisé comme base pour le déploiement
de diverses approches innovantes, par exemple en matière
de tarification des transports. Un réseau central, doté
d’objectifs européens clairs et constituant une priorité
de premier plan dans le domaine des transports et dans d’autres
politiques de l’UE (marché intérieur, cohésion,
développement durable et changement climatique, etc.), pourrait
donc constituer la pièce maîtresse de l'action communautaire
en ce qui concerne le RTE-T.
Ce genre de réseau central serait-il «faisable»
au niveau communautaire?
Quels seraient ses avantages et ses inconvénients?
Quelles
méthodes conviendrait-il d'appliquer pour le concevoir?
3.2. Mise en œuvre
La
politique du RTE-T n’est crédible aux yeux des Européens
que si les choix de planification sont assortis de capacités
de mise en œuvre. Les choix de planification opérés
et les instruments destinés à les mettre en œuvre
doivent donc être en adéquation. •
Financement global des projets d'intérêt
commun prévus dans les programmes RTE-T.
Malgré
tous les efforts consentis pour utiliser les infrastructures de
matière nettement plus efficace et répondre à
la demande de la façon la plus efficace et durable possible,
l'achèvement du RTE-T demeure une entreprise financière
majeure. Si le réseau global est maintenu, son achèvement
engendrera d'immenses conséquences financières. Les
instruments financiers communautaires sous leur forme actuelle n’ont
pas permis de terminer tous les projets entièrement et dans
les délais.
Pour que la Communauté puisse garantir, malgré ces
difficultés, que toute décision future du Parlement
européen et du Conseil sera mise en œuvre correctement,
les États membres devraient assurer eux-mêmes la réalisation
de la plus grande partie des projets concernés. Étant
donné les retards observés par le passé dans
l'achèvement de ce réseau, il pourrait être
nécessaire que les États membres soient contraints
de s’engager davantage.
La «fonction d’accès» du RTE-T, visée
dans le traité, pourrait aussi devoir être placée
sous l’entière responsabilité des États
membres. Les projets inclus dans le réseau central –
qui serait moins vaste que le réseau global et serait centré
sur des éléments cruciaux pour la réalisation
des objectifs de la politique du RTE-T – représenteraient
naturellement aussi un coût élevé. Cependant,
chaque projet d’intérêt commun devrait être
fortement justifié par les objectifs communautaires établis
et contribuer à rationaliser le coût total estimé
de la mise en œuvre du RTE-T. La planification du RTE-T devrait
permettre une estimation aussi précise que possible du coût
de l’ensemble du réseau.
Les objectifs de mise en œuvre et les estimations des coûts
figurant dans les orientations relatives au RTE-T, qui couvrent
habituellement une période de 15 à 20 ans, pourraient
être répartis en perspectives à court, moyen
et long terme. Celles-ci pourraient constituer une base saine pour
les négociations sur le financement global du RTE-T, dans
lequel les États membres, les instruments de financement
communautaires et la Banque européenne d'investissement continueront
àjouer un rôle majeur. Étant donné que
les plus grands projets du RTE-T se réalisent à long
terme, il est également important de voir au-delà
des périodes couvertes par les perspectives financières
communautaires, afin de donner une plus grande sécurité
aux investisseurs pour l’ensemble de la période de
mise en œuvre du projet. Jusqu’ici, la réalisation
du RTE-T a été marquée par d’énormes
suppléments de coûts. Ceux-ci ont diverses raisons:
conditions géologiques difficiles, défis techniques,
modifications du tracé sous la pression de l’opinion
publique, incertitude dès le départ quant aux normes
de capacité, mesures destinées à assurer le
respect de la législation en matière d’environnement
ou mesures volontaristes en faveur de l’environnement, retards
dans l’exécution et divers autres problèmes.
Fixer les normes de capacité du RTE-T lors de la planification
pourrait réduire les incertitudes en la matière.
La Commission, si elle apportait son aide à un stade précoce
grâce à son rôle de coordination, pourrait s'attaquer
aux divers problèmes et encourager les échanges de
bonnes pratiques, ce qui rendrait les estimations plus fiables et
faciliterait la mise en œuvre des projets. La diversité
des projets liés au RTE-T nécessite une large gamme
de solutions de financement. Vu l’orientation croissante vers
le marché dans le secteur des transports etles efforts consentis
pour optimaliser l’infrastructure, les projets pouvant entièrement
s'autofinancer devraient désormais se multiplier. La mise
en œuvre de la législation communautaire en matière
de tarification de l’usage des infrastructures et d’internalisation
des coûts externes devrait offrir de nouvelles possibilités
aux États membres pour mieux gérer les capacités
disponibles et optimaliser le système de transport, mais
aussi pour financer de nouvelles infrastructures et technologies.
Le rôle du secteur privé dans la réalisation
des projets pourrait aussi être renforcé si nécessaire.
Lorsque des gains d'efficacité sont possibles, les instruments
communautaires de soutien aux partenariats public-privé devraient
être davantage développés.
Le
Centre d’expertiseeuropéen pour les partenariats public-privé,
récemment créé, devrait contribuer à
diffuser l’expérience acquise et à encourager
le développement à plus grande échelle des
mécanismes de partenariat public-privé.
Comment déterminer les besoins financiers à court,
moyen et long terme du RTE-T dans son ensemble?
Quelle
est la forme de financement (public ou privé, communautaire
ou national) qui convient le mieux à chaque aspect du développement
du RTE-T?
Comment aider les États membres à financer et à
réaliser des projets placés sous leur responsabilité?
Faut-il encourager davantage la participation du secteur privé
à la réalisation des infrastructures? Si oui, comment?•
Instruments financiers communautaires de soutien
à la mise en œuvre du RTE-T
Les subventions, en particulier celles qui proviennent de la ligne
budgétaire consacrée au RTE-T, du Fonds de cohésion
et du Fonds européen de développement régional,
jouent un rôle important dans la préparation et la
mise en œuvre des projets. Des subventions sont accordées
pour la phase des études (qui vont des études de faisabilité
aux études techniques et environnementales complètes
et aux coûteuses explorations géologiques), aidant
à surmonter les difficultés qui se posent aux premiers
stades du projet, et pour la phase des travaux.
Pour l’avenir de la mise en œuvre de la politique du
RTE-T, il sera crucial de rationaliser l’octroi des subventions
et de le lier à la valeur ajoutée européenne
que représente le projet en question, afin que l’argent
communautaire soit utilisé aussi avantageusement que possible.
À cette fin, tous les projets d'intérêt commun
pourraient faire l'objet d'une analyse coûts/bénéfices
harmonisée et reconnue par tous qui déterminerait
leur valeur ajoutée européenne. Cette analyse devrait
couvrir à la fois les coûts externes et les avantages
du point de vue du réseau ou de la cohésion, et prendre
en considération les disproportionsterritoriales entre les
retombées positives et le coût financier des investissements
(par exemple, il se peut qu'un État membre doive faire face
à des coûts particulièrement élevés
pour la mise en œuvre d'un projet sur son territoire, tandis
que d’autres États membres retirent des avantages disproportionnés
de cet investissement). Les résultats de l'analyse permettraient
d'allouer les subventions provenant du budget communautaire de façon
équitable et objective, et de les limiter aux projets présentant
clairement une valeur ajoutée communautaire. En outre, afin
d’exploiter au mieux le financementcommunautaire en faveur
des objectifs liés au RTE-T, il est nécessaire de
mieux coordonner la gestion des différentes ressources budgétaires
disponibles (budget RTE-T, Fonds de cohésion, FEDER et prêts
de la BEI). Outre l’aide sous forme de subventions, d'autres
instruments tels que l'instrument de garantie
de prêt, créé en 2007, et le mécanisme
de capital-risque (une initiative pilote en matière d’apport
de capital dans le cadre du budget RTE-T) constituent des manières
innovantes et prometteuses de soutenir les projets RTE-T.
Il
pourrait par ailleurs être envisagé de diversifier
le portefeuille d’instruments dans le but d'augmenter l'effet
de levier du concours communautaire, d'ajuster le soutien aux besoins
particuliers de chaque projet et de structurer efficacement les
projets. Les euro-obligations pourraient compter parmi ces instruments
innovants.
Quels sont les points forts et les points faibles des instruments
financiers communautaires existants?
De
nouveaux instruments (notamment «innovants») sont-ils
nécessaires?
Comment l’utilisation combinée de fonds issus de diverses
ressources communautaires pourrait-elle être rationalisée
dans le cadre du soutien à la mise en œuvre du RTE-T?
•
Instruments non financiers communautaires
de soutien à la mise en œuvre du RTE-T Coordination:
les coordonnateurs européens et la «coordination par
corridor»
Les
coordonnateurs européens, désignés par la Commission
pour faciliter la préparation et la mise en œuvre de
certains projets prioritaires, ont démontré leur efficacité
à plusieurs reprises.
Leur rôle pourrait être élargi afin qu'ils contribuent
à la mise en œuvre d’autres projets RTE-T de grande
ampleur (en combinaison avec un financement ciblé apporté
par les instruments financiers de l’UE). Dans ce contexte,
les tronçons transfrontaliers
critiques devraient certainement conserver leur importance particulière,
ce qui renforcerait l’intérêt du projet dans
son ensemble.
La coordination serait vitale en cas de stratégie de «réseau
central». Outre la coordination «traditionnelle»
de projets prioritaires par les coordonnateurs européens,
des projets «partant de la base» tournés vers
les besoins des entreprises, tels que le fret ferroviaire et les
corridors verts, exigent clairement une solide coordination transfrontalière.
Ce type d’approche de «coordination par corridor»
devra bénéficier de la participation de toutes les
parties intéressées (fournisseurs d'infrastructures,
exploitants, usagers et autorités locales et régionales)
pour élaborer des solutions qui soient acceptables pour tous
et réalisables du point de vue technique, économique
et financier.
Pour
que ces solutions soient durables, elles devraient englober toutes
les composantes concernées des infrastructures (par exemple,
dans le cas des corridors de fret ferroviaire : suppression des
goulets d’étranglement, mise en place de terminaux
intermodaux, liaisons avec les ports, équipements ERTMS et
STI). Aux fins du financement communautaire, ces projets pourraient
être considérés comme une nouvelle forme de
«projet européen», qui devrait être traitée
comme un tout et non recevoir un financement morcelé.
L’approche «par corridor» pourrait concerner à
la fois des corridors pour lesquels les incidences au niveau des
infrastructures sont relativement faibles, mais où les bénéfices
à court terme sont considérables, et des corridors
qui englobent des projets cruciaux à long terme, tels que
les projets transalpin et transpyrénéen. Dans ces
derniers cas, le recours à des solutions intermédiaires
en matière d'infrastructures pourrait contribuer à
améliorer le montage économique de l'ensemble du projet.
Méthode
ouverte de coordination
L’application
de la méthode ouverte de coordination (MOC) au RTE-T pourraitcontribuer
à établir un cadre de travail commun à la Commission,
à l’Agence exécutive du RTE-T et aux États
membres, et fournir une base de connaissances communes sur le réseau
RTE-T. La MOC, mise en œuvre par l’intermédiaire
du système d’information TENtec et de son portail,
permettra aux principales catégories d’utilisateurs
de consulter et de mettre à jour les données stockées
dans la base de données TENtec et les cartes SIG comportant
les données relatives au RTE-T.
L’accès du public à ces données (par
exemple aux rapports et aux cartes présentant des informations
sur le réseau)constituerait par ailleurs un outil de communication
utile pour fournir des informations sur le travail de la Commission
en rapport avec le RTE-T. Il est important, pour sensibiliser les
Européens aux bienfaits de ce réseau, de diffuser
des informations plus systématiques et plus complètes
sur l’ensemble de la politique en la matière. L'évaluation
comparative peut aussi être considérée comme
un moyen d'encourager les États membres à investir
dans le RTE-T. Par exemple, la définition de normes de performance
contribuerait à déterminer les capacités des
différents types d'infrastructure et servirait de base pour
l'optimalisation de l'usage de celles-ci et le repérage des
goulets d'étranglement.
Une
expérience positive en ce sens a déjà été
réalisée dans le secteur de la gestion du trafic aérien,
tandis qu’il s’est révélé très
difficile de déterminer des capacités d’infrastructures
dans le secteur ferroviaire.
L’échange
de bonnes pratiques ouvrirait de nombreuses possibilités
pour faciliter la mise en œuvre des projets, que ce soit pour
la gestion de grands projets, les stratégies de partenariat
public-privé ou l'examen des aspects environnementaux lors
de la planification des infrastructures.